Pourquoi la construction publique est-elle si chère ?

4 min

«Son organisation sépare strictement la planification et l’exécution, limite le transfert de connaissances et freine l’innovation.»

Texte: Markus Mettler
19e édition / 2026

On justifie souvent les coûts élevés des projets de construction initiés par les pouvoirs publics par leur responsabilité particulière en tant que commanditaire. D’une part, on attend d’eux qu’ils jouent un rôle exemplaire en matière d’architecture, de qualité et de construction innovante, durable et compatible avec l’économie circulaire. D’autre part, l’État doit garantir des procédures d’adjudication transparentes et juridiquement irréprochables, conformes au droit des marchés publics.

Or il n’en est rien : les pouvoirs publics continuent de privilégier des processus linéaires et peu transparents, avec des phases de planification et d’exécution strictement dissociées. Les projets sont commandés de manière séquentielle au lieu de recourir à des procédures intégrées et à des concours réduisant, grâce à une gestion continue de l’information, significativement les coûts, les émissions de CO₂ et la consommation de ressources.

Le coût élevé de la construction publique réside principalement dans le processus de commande traditionnel. Le lancement d’un projet public déclenche généralement, sans délai, un concours d’architecture isolé. Durant cette procédure, les architectes élaborent (presque) gratuitement des propositions de projets complexes, sur la base de programmes souvent formulés de manière trop générique et laissant une grande marge d’interprétation.

Par la suite, les membres du jury, les autorités, les politiciens, les associations et les groupes d’intérêt ne cessent d’ajouter des exigences durant les phases de planification, d’autorisation et parfois encore pendant l’exécution. Il en résulte un processus de commande implicite et peu transparent. De plus, afin d’éviter tout dépassement des coûts au niveau politique, les budgets sont dès le début systématiquement surévalués (puis quand même épuisés).

Le processus d’attribution publique, présenté comme incontournable, contribue clairement à alourdir la facture. La planification représente environ 25 % des coûts d’un projet de construction. Or, après un concours, il n’existe aucune concurrence sur les honoraires de l’équipe lauréate, qui continuent de se référer au modèle d’honoraires de la SIA, pourtant interdit en 2018 par la Commission de la concurrence (COMCO), car il crée des incitations problématiques : plus les coûts de construction sont élevés, plus les honoraires augmentent.

Lors de la phase d’exécution, une forte concurrence sur les prix s’installe, mais sur la base d’un projet déjà surdimensionné et excessivement coûteux. Du point de vue du droit des marchés publics, tout semble irréprochable : l’objectif prioritaire est de se prémunir contre les risques, plutôt que de rechercher le meilleur rapport qualité-prix. Par ailleurs, les entreprises soumissionnaires peuvent généralement s’attendre, au cours de la réalisation, à des modifications de commande et à des erreurs de planification, qui ouvrent la porte à des avenants souvent très rémunérateurs. Dans la plupart des cas, elles obtiennent gain de cause : les maîtres d’ouvrage publics hésitent à reconnaître des lacunes dans le pilotage du projet et redoutent une couverture médiatique défavorable en cas de litige.

Ce gaspillage de ressources de la part des pouvoirs publics s’explique en grande partie par le modèle de prestations de la Société suisse des ingénieurs et des architectes (SIA), solidement ancré depuis plus de 150 ans dans le secteur du bâtiment et dans l’opinion publique. Son organisation sépare strictement la planification et l’exécution, limite le transfert de connaissances et freine l’innovation.

À l’inverse, l’approche Design-Build repose sur une collaboration intégrée entre planificateurs et entreprises dès le début du projet. Elle favorise la transparence, l’engagement contractuel sur des objectifs fonctionnels clairement définis et une responsabilité partagée depuis l’adjudication jusqu’à l’achèvement du projet. Contrairement à un concours d’architecture classique, le concours Design-Build aboutit à une solution intégrée, avec un prix ferme de la planification jusqu’à la réalisation. Les fonctions attendues et les prestations complémentaires sont décrites de manière claire et transparente dans les appels d’offres, sur la base de références déjà réalisées et de solutions standardisées. Le concours devient à la fois procédure d’attribution et point de départ d’une réalisation contractuelle à un coût final fixe et garanti.

Le Design-Build encourage la force d’innovation de la branche en faveur de l’économie circulaire et de la productivité, puisqu’il exploite activement les potentiels des nouvelles technologies ainsi qu’une collaboration intégrée et continue entre toutes les parties impliquées. Les pouvoirs publics pourraient à ce stade simplifier leurs processus d’acquisition et apporter une véritable contribution au développement de la culture du bâti.

MARKUS METTLER est ingénieur civil diplômé de l’EPF de Zurich et titulaire d’un diplôme post-grade en sciences de gestion d’entreprise. Il a rejoint Halter SA en 2006 en tant que responsable de l’unité Développements. En 2010, il est devenu CEO de l’entreprise, puis associé en 2015. Depuis 2024, il est le délégué du conseil d’administration du Halter Gruppe AG.

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Résumé

  • Markus Mettler, délégué du conseil d’administration du groupe Halter, critique les procédures actuelles de commande publique, qu’il juge coûteuses et inefficaces.
  • Selon lui, le modèle traditionnel du SIA sépare conception et réalisation, freine l’innovation et favorise les dépassements de coûts.
  • Il défend l’approche Design Build, qui réunit dès le départ planificateurs et entreprises afin de mieux maîtriser les coûts, la qualité et les délais.

 

Ce résumé a été généré par GPT. Il peut contenir des erreurs. Veuillez vous référer à l’article pour des informations vérifiées.

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